CR Raid 28

Dimanche 14 janvier 2007

Plaquette Raid 28 2007
Or donc, deux individus bien connus essayent vaguement de savoir où c'est que c'est donc qu'il faut aller...

Ah! Ce Raid 28 2007 je ne m'y voyais pas voyez vous. Je pensais pantoufler pépère à la maison, voire peut-être, à la rigueur, faire un tour à la Grande Quequette la semaine d'après. Mais le sort en a décidé autrement. En faisant la queue lors de la récupération des dossards à l'UTMB je m'aperçois, ention et putréfacter, que je suis à l'affiche avec Paulo. Je veux dire, on est sur l'affiche, la plaquette de la course quoi. Dans ces conditions, impensable de ne pas y retourner, n'est-ce pas Valérie? Donc voilà, après avoir usé mes chaussures de trail sur les éditions 2005 et 2006 , nous voici "on ze road again", en route vers de nouvelles aventures!

Un petit mot sur la constitution de l'équipe. Je laisse dans un premier temps Jean-Paul s'occuper de nous dégotter un petit groupe du tonnerre de Zeus, puis vient l'éternelle question: la fille! Car oui, il faut (au moins) une fille. Là j'ai l'idée lumineuse de lui suggérer de contacter Anne, qui vient de prendre un départ fracassant dans l'ultra, au point que son papa (Marc, AKA Magib) se dit que bon, il serait presque temps de passer le flambeau. Elle tombe dans le panneau, on enrôle aussi Marc sur la galère, et nous voici avec une équipe de choc, qu'on nomme illico "la Belle et les bêtes", composée de:

  • Anne (la Belle)
  • Marc (son papa)
  • Bottle (un autre Christian du 95)
  • Ysolo (champion en bonne humeur, catégorie Super Walter)
  • Paulo (mon papa)
  • Ufoot (moi)

On achève de parfaire la cohésion de notre équipe avec une petite soirée raclette qui vaut aussi comme entraînement collectif, et rendez-vous à Bures.

Après qu'on ait fait quelques demi-tours avec Valérie pour trouver le lieu du départ, je la rassure, tout va bien, c'est normal de se paumer pour trouver le gymnase. Je retrouve ma joyeuse équipe, il fera beau et chaud ce week-end, en même temps on est contents car mieux vaut ça que des trombes d'eau glacée, en même temps j'aimerais bien faire un jour, dans ma vie, un Raid 28 en conditions "réelles". Mais bon, voilà, on ne peut pas influer sur la météo.

Sautons tout de suite à la case départ. Bombardé orienteur, j'emmène notre équipe récupérer paisiblement le road-book sous un pont, à quelques centaines de mètres du gymnase. On récupère donc les cartes, et je reporte 3 ou 4 balises, de quoi nous occuper, je verrai à reporter les autres en marche, ou plus tard, ou les deux. Il y a deux balises bleues (optionnelles). L'une paraît un peu technique, l'autre pas trop dure et surtout pas trop loin. Notre objectif est surtout de faire les vertes (obligatoires), mais bon, une petite bleue ça tient chaud au coeur, et puis si on ne la trouve pas, on aura juste perdu 10 minutes, on se retrouvera un tout petit peu en retrait par rapport aux autres. Ce n'est parfois pas plus mal d'avoir du monde devant, même si, on ne le répètera assez, il ne faut surtout pas suivre aveuglément le troupeau... Donc bon, on va chercher la bleue.

Et là, le drame.

Non, je veux dire, la catastrophe intégrale. Alors qu'on est dans les branchailles, je vais pour regarder la carte et... plus de carte!!! Hein quoi? C'est une blague? Non, c'est pas une blague. Elle est tombée de ma poche. Ca doit faire 20 minutes que nous sommes partis, et je viens de perdre, dans le noir, en plein bois, l'intégralité de toutes les cartes 1/25ème, et accessoirement aussi les photos et les cartes CO. La classe. Il va sans dire que depuis 1/4 d'heure j'emm**de tout le monde avec des "t'as bien le carton de poinçonnage?", "t'as bien la carte au 1/100 000ème". Or donc, c'est ç'ui qui dit qu'y est, je viens de perdre la pièce maîtraisse, le truc que, si on ne le retrouve pas, on peut tout aussi bien aller de suite voir l'organisateur dire qu'on abandonne, et rentrer par le RER dans nos foyers respectifs. Jean-Paul saisi de suite la gravité de la situation, mais je ne suis pas sûr que le reste de l'équipe réalise à quel point la boulette est phénoménale. En tout état de cause, Anne et Marc ont vu les cartes en question à l'aller (car j'étais devant) et se sont fait la réflexion "tiens, des cartes!". Coup de pot monumental, Marc retrouve les cartes en question en 5 minutes, les autres ont trouvé la balise bleue. J'en suis quitte pour une belle frayeur, la grosse "teuhon" des familles et c'est sûr, je paierai mon coup.

Après cette entrée en matière trépidante, on trouve assez vite un petit rythme, et l'équipe tourne plutôt bien. Paulo capitaine, prend les décisions, je reporte les balises et (essaye de) coordonne(r) l'orientation, Anne, assistée de Bottle, est poinçonneuse en chef, Ysolo vérifie avec la carte 1/100 000ème qu'on ne part pas vers Strasbourg, et Marc me répète les descriptions de balise afin qu'elles me rentrent bien au fond du crâne, et que tout le monde en profite.

On rate une balise verte (qui devait pourtant être facile...) parce que, depuis la dernière édition, je fais un blocage sur les dépressions. Donc on la cherche au mauvais endroit, mais, heureusement, comme nous n'insistons pas on ne perd pas trop de temps. Mais bon, 1/4 d'heure à chercher plus 1/2 heure de pénalité, faites vos comptes...

D'une manière générale, je me sens plutôt à l'aise avec l'orientation. J'ai parfois quelques doutes, et cette impression de toujours avoir la pression (on peut pas courir tranquille quand on cherche sa route...) est parfois un peu pénible. Mais au moins le temps passe vite. Et puis depuis l'épisode des cartes perdues, je sais que mon équipe est en or, et qu'il doit en falloir une sacré méchante dose pour que la mauvaise humeur les entame. Tout cela est bien rassurant. Elle est bien cette course. Elle est même drôle. Aux alentours de la balise 15, on se retrouve (c'est exceptionnel, mais l'organisateur a prévenu) chez un particulier, nous sortons discrètement de chez lui, en refermant le portail avec soin. Chuuuuuuut!

Le GPS, qui était en rade au gymnase, s'est remis à marcher, mais j'ai du mal avec les distances, c'est comme si les cartes étaient au 1/12 500ème et pas au 1/25 000ème. L'un dans l'autre on arrive à peu près à savoir où nous allons. On tente timidement de récupérer quelques balises à la spéciale memory, finalement on a bien fait de la faire, on récupère deux ou trois balises, ça valait le coup de prendre 5 minutes pour écouter les conseils de Damodile 8-)

Je commetrai une grosse erreur d'orientation. Après le passage "mouillé" où Papy Turoom et Jeannot la Trace nous regardent goguenards aller poinçonner notre bracelet de l'autre côté du cours d'eau, je perds la trace d'un chemin, et nous égare en forêt. On trouve par erreur une balise bleue, mais je me fourvoie sur son emplacement sur la carte. On remonte vers l'Ouest dans une combe, je me dis que je nous ai retrouvé, mais je me goure à nouveau et nous croît plus au Sud que nous ne le sommes réellement. S'en suivent plein d'erreurs, où l'on quitte le chemin sur lequel on voulait rester, où l'on se retrouve dans des broussailles incroyables avec des vieux grillages pourris qui nous bloquent le passage, etc. etc. Je sais qu'on n'est pas au bon endroit (les grillages...) mais dans le doute, j'adopte une stratégie qui n'est pas si mauvaise: aller globalement vers l'Ouest, et surtout ne jamais changer radicalement de direction. En d'autres termes, pas de demi-tour ni de "je tourne en rond". On finit donc par sortir du merdier dans lequel j'ai emmené tout le monde. Au final, on loupe un peu de balise verte, et on a du perdre une grosse 1/2 heure. Ç'aurait pu être pire.

C'est surtout gênant pour Anne, qui a le genou qui flanche depuis un certain temps, et jardiner dans les ronces, c'est pas très commode.

Mais la meilleure partie du Raid 28, en ce qui me concerne, reste à venir. Confortés par une avance relativement confortable par rapport au temps limite (environ 3h), on va pouvoir se permettre, avec le lever du jour, de taquiner la balise. Et c'est un festival de balises... vertes, donc obligatoires (mais bon si on va pas les chercher on prend pas un coup de fusil hein) qui nous attend. Je suis assez frais, même pas fatigué même pas mal, j'ai l'impression d'avoir toute ma tête, et le parcours n'est pas trop technique. Du coup je reporte pépère les balises dont Marc me donne la description. Paulo sors sa boussole de compétition et, le terrain étant favorable à ce genre de jeu, on commence à tirer des azimuts tout droit dans la forêt et ça paye pas mal. Je ferai encore une erreur en me trompant de point de départ lors du calcul de l'azimut à suivre, mais on se récupère.

C'est aussi pendant cette période que je perds un temps fou à positionner, précisément, la 1ère balise des balises "photo satellite". J'ai du mal, il faut en parallèle que je positionne les autres balises, celles qui guident notre chemin, et que je m'occupe de ça "en avance". Finalement j'arrive à une solution, je pense qu'elle est à 100m à l'Ouest de la verte la plus proche, et basta. On partira à 4 (Paulo, moi, Bottle et Ysolo) à la chasse à la balise bleue, et ce sera un carton quasi-plein. On loupe la dernière, dans les rochers, mais on attrape les autres, et c'est un joli travail d'équipe. En allant chercher celle de l'"arbre remarquable" je croise le Papy du Zoo qui passe devant la balise, à 3 mètres de lui, sans la voir, occupé qu'il est à me dire bonjour 8-) Pendant qu'on partait faire cette chasse rigolote, Anne et Marc on rejoint le PC en marchant, on fait d'une pierre deux coups: on a fait la moisson de balises, Anne a pu (un peu...) soulager son genou, et on n'a... plus que 30 minutes de marge avant le temps limite!

OK, pas de blagues, on arrête la chasse à la balise bleue. D'ailleurs, juste après le PC, peut-être est-ce un contrecoup du tronçon précédent, je perds tous mes moyens. Rive Nord, rive Sud, à l'Ouest du bidule, à 450 mètres, j'en peux plus arrêtez j'en ai marre je sais pas où faut aller je suis perdu je sais pas je sais plus. Cool, cool, self control. J'hésite à passer le flambeau mais finalement les balises suivantes me paraissent limpides. Bottle éponge mon incompétence et fait jouer ses gambettes pour aller chercher la balise là où je n'ai pas emmené le reste de l'équipe, et on trace. J'ai bien fait de garder la carte, car on enfume une bonne partie des autres équipes qui partent à gauche, à droite, quand la balise est... tout droit!

La fin de la course est assez atypique. Il fait super beau, un beau soleil, même pas un soleil d'hiver, non, un soleil printannier presque. Ballade du dimanche, avec plein de copains raideurs qui, comme nous, visent une arrivée environ 1/2 heure avant le temps limite. Anne m'impressionne car elle souffre le martyr depuis des kilomètres et ne dit rien, elle avance et ne nous a pas fait perdre une minute depuis le début de la course. Au contraire, c'est plutôt elle qui avec son "mais des cartes, j'en ai vu par terre!" nous a sauvés à 20 minutes du départ. Ysolo lui taille un bâton pour la fin de parcours. Vraiment cette équipe, elle est terrible!

Sur la fin, tout de même, je suis assez vexé qu'après avoir mis pas mal de temps à comprendre où était ce monument sur la photo (la dernière balise...) mes compagnons me disent "mais non c'est pas par là, regarde ça descend, et d'abord, c'est balisé Raid 28!". Blasé, je les suis, et sur un ton de "et pourtant, elle tourne" je jurerais que c'est pas par là. Bingo, arrivé en bas, nous constatons que le bidule en question était bien en haut. Il eu suffit de continuer 20 mètres sur le balcon. Bon, c'est pas grave, Bottle qui a une patate d'enfer en cette fin de course, remonte poinçonner le carton, et n'en parlons plus.

L'arrivée est ma foi fort agréable, tout le monde semble y trouver son compte, Jean-Paul termine (enfin!) un Raid 28 officiellement dans les temps, Anne a de bonnes raisons d'être fière et soulagée, et les autres, ben j'ai l'impression qu'on a passé du bon temps ensemble, et que si c'était à refaire, nous recommencerions.

Que dire d'autre sur cette course? Les Jucks On Five étaient superbes, la météo d'une clémence indigne d'un tel événement, le tracé génial, on a croisé certaines équipes presque 100 fois (CastorJunior quand tu nous tiens...), et les bouffeurs de Sangliers semblaient un peu ramollis 8-)

RDV l'année prochaine, à Bures!

PS: on finit 18ème au classement final.

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Mis à jour le vendredi 26 janvier 2007.