CR Embrun

Mon premier Embrun!

Comme chaque année, c'est le 15 août que ça se passe. Je me suis déjà aligné sur le courte-distance, j'ai fait l'IronBresse quelques mois avant, et là, c'est l'objectif de l'année. Il se dit informellement dans mon club de triathlon "tant que t'as pas fait Embrun, t'as pas fait du triathlon". OK les copains, j'y vais, on va voir ce qu'on va voir!

Embrun, je connais bien, Jean-Paul est un habitué, il l'a fait X fois. Moi, en spectateur, je bave là devant. Que se passe-t'il dans le ciboulot du gars qui franchit la ligne? Seule solution pour le savoir: y aller.

L'ambiance dans le parc à vélo est terrible. Il fait nuit. Chacun se prépare. Même les grandes gueules habituelles sont plutôt calmes. Je m'interroge sur la pertinence de ce truc de malades. Aller s'enquiller deux tours de lac, puis un tour en montagne dont l'Izoard|, et enfin un marathon dont j'ai bien compris qu'il n'était pas plat. Est-ce raisonnable? Et surtout, est-ce à ma portée? Je cogite, je cogite. Enfin le départ. Je pars dans l'eau. Allez, c'est parti, comme les grands, aujourd'hui, c'est ton tour!

La natation est une formalité. Expédiée 8-)

Je pars lentement en vélo. Je connais bien ce début de parcours, c'est la même chose que sur le courte distance. Je me contrôle pour rester en mode "ballade". Ca se passe à peu près bien. La montée sur l'Izoard sera, on l'imagine, assez pénible, mais je suis surtout inquiet pour la suite. D'après mon père, c'est réellement *après* l'Izoard qu'on entame les choses sérieuses. Et je commence à comprendre pourquoi. On bascule réellement de l'autre côté de la montagne, ça descend, on change de vallée, de paysage, et surtout... on est seul. Seul car les spectateurs se font rares. Seul aussi avec sa fatigue, qui insidieusement, fait son chemin. Et le coup de bambou, la sanction désagréable, ce sont ces côtes à répétition, avec le vent en pleine poire, qui, prises isolément, sont tout à fait anodines, mais après 140km d'effort, elles sont fatales. Dur dur, j'en chie. J'en chie grave. Le clou du parcours vélo, la côte de Chalvet, me fera finalement moins mal que ces intermèdes anonymes. Je suis tout de même content et vraiment pas fâché de retrouver le parc à vélo.

Départ à pied. C'est dur. Je fais les premiers 10km dans un état à peu près correct, mais assez vite ça se dégrade. J'en peux plus... Je suis barbouillé. L'anecdote veut que Valérie, qui me suis sur le parcours, croira, en me voyant à la fin du 1er tour, à mon abandon. Elle est persuadée, en me voyant, que je n'irai pas au bout, qu'il va falloir qu'elle gère ma déception, et patati et patata. Non franchement, je suis fatigué certes, mais pas au point de lâcher le morceau. Non mais tout de même, je rêve. L'abandon ça existe, mais ça ne se justifie pas avec un simple "j'étais fatigué". Faudrait autre chose que ça pour m'arrêter. Soyons sérieux. Toujours est-il que le deuxième tour est extrêmement difficile, mais fort heureusement la pluie tombe à partir du 30ème km environ, et ce rafraîchissement inopiné me redonne un second souffle. J'échappe au "tout en marchant" final, et réussi à quelque peu relancer la machine.

Au final, un temps à mi-chemin entre 15h et 16h. Pas de quoi pavoiser, mais au moins, une chose est claire: je l'ai fait.

Et je confirme ce que je soupçonnais: ce qu'on ressent dans la dernière ligne droite avant l'arrivée est quelque chose d'inimitable. Des années plus tard, sur d'autres courses, j'aurai du mal à retrouver ce petit rien unique, magique, qui se produit lorsqu'on franchit cette ligne d'arrivée. Embrun, c'est quelque chose. Une des plus belles courses, et je mesure ce que je dis, sachant qu'au moment où j'écris ces lignes, presque 10 ans après la course elle-même, j'ai quand un peu roulé ma bosse en Ultra...

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Mis à jour le dimanche 20 avril 2008.